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« Les étudiants en médecine fuient la campagne»

30 | 05 | 2012Posté par Sylvain Blondin

La désertification médicale est aujourd’hui une réalité qui n’a cessé de s’aggraver ces dernières années. Le nombre de médecins partant à la retraite augmente de façon considérable alors que les nouveaux inscrits à l’ordre des médecins se font plus rares. Ce phénomène est d’autant plus inquiétant pour nos campagnes et plusieurs raisons sont en causes.



Cette situation de pénurie était pourtant prévisible, le rapport Saugmann datant de 1991 avait annoncé un manque de médecin catastrophique dès 2012 dans tous les pays d’Europe, si l’on n’augmentait pas d’urgence le numérus clausus. Les gouvernements successifs avaient alors repoussé cette suggestion, selon le principe de l’offre et de la demande : plus il y a de médecins, plus il y a de consumérisme médical. Et par conséquent, moins on formera de médecins  moins les patients auront tendance à utiliser le système de soins. Les conséquences de ce désengagement politique sont là, et malgré le timide assouplissement du numerus clausus, les effets ne s’en ressentiront que dans 15 ans, le temps que le bachelier se transforme en médecin opérationnel. Selon Sylvain Blondin « Il aurait fallu une gestion du numerus clausus plus adaptée, en lien avec la démographie nationale et le vieillissement de la population et une anticipation de 8 à 15 ans sur les années à venir ». Aujourd’hui, Il est impératif d’augmenter le numerus clausus progressivement, en cohérence avec la capacité d’accueil et de formation de nos structures, pour répondre aux besoins grandissants des individus. « Seulement 60 % des étudiants en médecine finissent leurs études alors que de nombreux étudiants pourtant motivés se retrouvent écartés dès la première année » explique Sylvain Blondin.

Aujourd’hui, les jeunes médecins qui s’installent privilégient la qualité de vie en diminuant leur temps de travail et choisiront donc un poste salarié plutôt qu’une installation en libéral. Ce phénomène est fortement lié à certaines raisons culturelles et sociologiques. Un étudiant qui termine ses études va se marier, fonder une famille, et préfèrera certainement s’installer en ville pour des raisons pratiques: Facilité des déplacements, proximité des établissements… De plus, nos jeunes médecins veulent s’installer en groupes, la volonté de plus en plus importante à vouloir travailler avec des confrères amplifie les réticences à s’installer loin des villes. Insiste Sylvain Blondin, qui préconise ainsi la création de pôles de santé qui permettrait de contrer en partie à ces problématiques. 

Enfin, il est important de mentionner l’ignorance de beaucoup d’étudiants de ce qu’est la profession de médecin de campagne et des avantages. Ils sont mal informés et ont des a priori sur le travail en zone rurale. Il est primordial de combattre ces idées reçues et de mieux communiquer sur les privilèges offerts pour les inciter à venir s’installer dans les zones désertées en organisant des réunions d’information dans les universités. Il est également nécessaire d’inciter les étudiants à effectuer des stages en milieu rural pour qu’ils aient une vision réelle de la profession sur le terrain et ainsi encourager ces futurs diplômés à venir s’y installer. 


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