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La télémédecine : un remède à prendre avec précaution

21 | 05 | 2012Posté par Sylvain Blondin

La télémédecine est aujourd’hui officiellement définie et reconnue par le droit français. Le décret 2010-1229 du 19 octobre 2010 reconnait la télémédecine comme une pratique médicale réalisée à distance mobilisant des technologies de l’information et de la communication.  Elle met en rapport, entre eux ou avec un patient, un ou plusieurs professionnels de santé, parmi lesquels figure nécessairement un professionnel médical.

Selon l’article L.6316-1 du Code de la santé publique, la télémedecine permet « d'établir un diagnostic, d'assurer, pour un patient à risque, un suivi à visée préventive ou un suivi post-thérapeutique, de requérir un avis spécialisé, de préparer une décision thérapeutique, de prescrire des produits, de prescrire ou de réaliser des prestations ou des actes, ou d'effectuer une surveillance de l'état des patients. »


Ainsi, le décret met en évidence 5 catégories d’actes possibles :

La téléconsultation : un médecin donne une consultation à distance à un patient. Le patient fournit les informations et le médecin à distance pose le diagnostic.

La télésurveillance médicale, qui a pour but de permettre à un professionnel médical d'interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d'un patient et, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à la prise en charge de ce patient.

La téléexpertise a pour objectif de permettre à un professionnel médical de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières.

La téléassistance médicale permet à un professionnel médical d'assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d'un acte ;

La réponse médicale permet aux médecins des centres 15 d’établir par téléphone un premier diagnostic afin de déterminer et de déclencher la réponse la mieux adaptée à la nature de l’appel.

Cette pratique se serait développée principalement pour répondre aux déficits de notre système de santé. Le vieillissement de la population, les déserts médicaux et le manque de praticiens ne cessent de s’intensifier, le numérique serait une solution à ces déficiences.  Nora BERRA, secrétaire d’État à la santé souhaite que cette pratique sorte du cadre de l’expérimentation et qu’elle devienne l’un des piliers de la modernisation de l’organisation des soins ». Ses enjeux sont d’ailleurs ambitieux puisqu’il s’agit d’abord de réduire au maximum certaines inégalités d’accès aux soins en améliorant l’accessibilité sur l’ensemble du territoire, principalement dans les zones enclavées ou isolées avec une sous-densité médicale. La télémédecine devra également apporter une meilleure coordination entre les secteurs sanitaire et médico-social indispensable à la fluidité des parcours de soins et faciliter le maintien à domicile des personnes en situation de perte d’autonomie ou souffrant de maladies chroniques. Enfin, un recours maîtrisé au système se soins permettra une diminution de la fréquentation des urgences en limitant le recours aux dispositifs de permanence des soins et les hospitalisations inadéquates.

Sylvain Blondin s’accorde à dire que la télémédecine est un complément technologique intéressant notamment pour les professionnels de santé qui peuvent aisément échanger leurs idées et leurs données pour pallier une carence de compétences locales. L’acte de télé-expertise est la réponse moderne à l’impératif déontologique de l’article 60 du code de déontologie : “Le médecin doit proposer la consultation d’un confrère dès que les circonstances l’exigent. Elle est alors reconnue pour son rôle dans l’amélioration de la qualité des soins et l’aide au diagnostic. De plus cette pratique est clairement réglementée et garantie au patient le meilleur résultat possible en évitant les dérives. La première obligation déontologique à respecter est le consentement du patient chaque fois que cela est possible, celui-ci devra être informé et le compte rendu devra mentionner le nom de l’expert consulté et porter sa signature. Le second impératif est de garantir la qualité de l’acte (expert reconnu, choix judicieux des informations transmises, efficacité du dialogue entre les deux interlocuteurs, rapidité de la réponse, sécurité des informations assurée par le bon fonctionnement du réseau et les protections adéquates) Dans un environnement médical où les ressources en soins spécialisés se raréfient et où le spécialiste lui-même ne peut tout connaître dans sa spécialité la téléexpertise constitue un avantage apprécié.

De la même façon, la télésurveillance médicale à domicile permet aux personnes de vivre chez elles avec leur indépendance, dans un environnement de confort et de sécurité avec pour avantage la réduction des admissions en hôpital, maison de retraite ou centre spécialisé. Ces pratiques concernent particulièrement les personnes âgées, mais également les personnes présentant des risques d’affection motrice ou cognitive (dépression, démence sénile), ou nécessitant une attention particulière telle que les personnes diabétiques ou les grossesses à risque. Le médecin peut alors agir de façon précoce en cas d’évolution sensible de l’état du patient

Néanmoins, Sylvain Blondin met en garde sur ses limites. S’il admet que la médecine doit évoluer avec son époque, il insiste sur l’importance de préserver la qualité de la relation médecin-patient. Les soins virtuels ne doivent donc en aucun cas remplacer le contact avec le médecin mais rester complémentaire d'un vrai suivi médical. La consultation médicale nécessite plusieurs étapes difficilement réalisables à distance. La première, l’interrogatoire peut aisément être pratiqué par téléphone, l’observation peut éventuelle être menée à distance. En revanche, la palpation et l’auscultation, nécessaires au diagnostic ne peuvent se faire derrière un écran.  

Bien que la télémédecine soit efficace pour la surveillance des personnes âgées, elle ne résout pas les problèmes d’isolement de ces personnes. De plus, ce système ne représente pas toujours un gain de temps pour ces médecins déjà surchargés. Ils sont confrontés à des problèmes d'ordre technologique, d'organisation et d'infrastructure qui nécessite un accompagnement important auprès du corps médical. Pour eux, c'est une charge de travail conséquente en supplément de leurs consultations quotidiennes.

 

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http://www.sylvain-blondin.com/

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